Les pronoms personnels en médiation 💬
En médiation, les mots comptent. Et parfois, un simple pronom change tout.
Au début, les participants parlent souvent au “tu” :
• « Tu m’as blessé. »
• « Tu ne m’écoutes jamais. »
• « Tu as tort. »
Le “tu” pointe, accuse, désigne l’autre comme responsable. Il fige les rôles : victime et coupable. Et la relation se crispe.
Le médiateur invite alors à parler en “je” :
• « Je me suis senti blessé quand… »
• « Je me sens mis à l’écart quand… »
Le “je” change la posture. C’est une parole assumée, centrée sur l’expérience personnelle. Il ouvre la porte à l’écoute.
Puis vient le moment du “nous” :
« Maintenant qu’on s’est compris, que pouvons-nous faire ensemble ? »
Le “nous” marque le passage vers la coopération. C’est là que la médiation prend tout son sens : on ne cherche plus qui a raison, mais comment avancer ensemble.
Et le “on”, alors ?
Le “on” est souvent banni en médiation. Parce qu’il dilue la responsabilité. Parce qu’il cache la parole derrière un flou : « On pense que… », « On n’a pas été clair… » Mais qui, vraiment ?
En médiation, on ne dit pas “on”, on dit “je” et “nous” — pour que la parole reste vivante, assumée et adressée.
La médiation, c’est aussi cela : un passage des pronoms qui traduit un déplacement intérieur — du “tu qui accuse”, au “je qui s’exprime”, puis au “nous qui construit”.
👉 Et vous, dans vos relations ou vos projets collectifs, vous en êtes où ? Plutôt “tu”, “je” ou “nous” ?
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